Edelweiss Hama


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Hofudlausn

Textes

HOFUDLAUSN

Rançon de la tête
(traduction Régis Boyer)

1. Vers l'ouest j'allai par la mer
Portant la mer du rivage
Du désir de Vidrir
Celle qui est à mon gré.
Je mis à flot le chêne
A la fonte des glaces,
Je chargeai de louanges
Le vaisseau de mon âme.

2. Je suis l'hôte du prince,
J'y ai mission de sa gloire,
Je porte l'hydromel d'Odin
A la terre des angles;
Je loue le chef
Au prince que j'estime;
Lui demandons silence
Car ai trouvé son los.

3. Considère, prince, car
Bien te sied
Comme dirai ce chant
Si j'obtiens silence;
La plupart on appris
Les prouesses du prince,
Et Vidrir a vu
Gésir les occis.

4. Crût le fracas des glaives
Au bordage des boucliers,
Gronda la guerre,
Le roi attaquait;
On entendait alors
Siffler le sang du glaive,
Le chant du fracas du métal;
Bataille au-delà de la mer.

5. Ne s'égara point
La toile de la lance
Du prince joyeux
Par-dessus les rangs de la plaine des lances;
Là où baignés de sang
Les champs du phoque
Résonnaient
En courroux.

6. Les gens s'affaissaient
Sur la rive au choc des traits;
Renom acquis
Par cela Eirikr.

7. Encore vais te dire
Si les hommes se taisent
Et apprîmes davantage
Sur ces exploits;
Croissaient les blessures
A la rencontre du prince,
Éclataient les lames
Sur les rondaches bleues.

8. Rageaient les estocs
Par le soleil du heaume,
Mordait la bêche de l'os
- C'est le poinçon du sang;
J'appris que la glace
Du bouclier abattit
Les chênes d'Odin
Au jeu du fer.

9. Y avait choc d'estocs
Et fracas de pointes;
Renom acquis
Pour cela Eirikr.

10. Le prince rougit le glaive
Y eut corbeaux en foule,
Le trait trouva la vie
Volaient lances ensanglantées;
Causa le cheval de la sorcière
Le fléau des Écossais.
La soeur de Nari foulait
Le festin des aigles.

11. Les grues de la bataille volaient
Sur les amas de cadavres,
Ne se lassaient pas de sang
Les becs des mouettes des blessures,
Lacéraient les blessures le loup
Et la vague de l'estoc
Giclait sur l'étrave
De la tête du corbeau.

12. Vint la satiété
Pour l'étalon de Gjalp;
Au-delà de la mer Eirikr
Offrit de la charogne au loup.

13. Le Freyr à l'épée fit veiller
La gente des combats,
Et fit rugir l'enclos
Du ski du récif de Haki;
Éclataient les piques,
Mordaient les estocs,
Les glaives tranchaient
Les cordes des arcs.

14. Mordait le trait volant,
Rompue était la paix,
Le loup était en liesse,
L'orme était bandé;
S'opposait le déchaîneur de bataille
A la garde de la vie
Hurlait l'arc d'if
Au brandir de l'estoc.

15. Le prince courba l'if
Volaient les abeilles des blessures;
Au-delà de la Mer Eirikr
Offrit de la charogne au loup.

16. Encore voudrais-je
Expliquer aux hommes
L'humeur du prince
Dont faut presser le los;
Il presse le flot de feu
Et le prince garde
Fermement ses terres;
A lui immédiate louange.

17. Il brise le feu du bras,
Il offre la pierre de la main,
N'est pas sourd à la richesse
Le prince briseur d'anneaux;
Pâlit fort devant lui
La farine de la rive du faucon;
Réjouit la foule de sa flotte
Par la farine de Frodi.

18. Il rejette sa plaine des estocs
Du siège de l'anneau
A ses ardents au jeu du glaive
Le dispensateur d'anneaux;
Ici comme partout prospère
Le départ d'Eirikr
Je parle ici sincèrement
On l'a appris à l'est de la mer.

19. Prince, considère
Comment j'ai composé,
Me semble excellent
D'avoir obtenu silence;
J'ai agité la bouche
Du fond du coeur,
D'onde d'Odin
Célèbre le rassasieur de bataille.

20. J'ai parlé los du prince
Dans la brèche de silence;
Je sais le savoir des paroles
Parmi les hommes siégeant;
De l'enveloppe du rire
J'ai tiré gloire pour le prince;
Qu'elle se propage
Et que la plupart l'apprennent.


Egill Skallagrimsson


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